Demeurer dans le silence

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DEMEURER DANS LE SILENCE

 

Le silence rend possible le retour aux profondeurs du cœur et aux sources de la prière, nous rappellent nos Constitutions. Le silence est essentiel pour entrer dans la contemplation. Préserver un climat de silence habituel dans le monastère est pour nous une valeur primordiale. Une Parole de sagesse de saint Arsène, un Père du désert, nous est parvenue :

Le silence est la cellule portative
dont l’homme de prière ne sortira pas.

Le silence nous exerce à développer une écoute intérieure de Dieu qui par sa Parole faite chair dans la Vierge Marie, désire faire également en nous sa demeure.

 

PERLES DU PASSÉ

 

Toute la vie d’une recluse doit être un recueillement continuel de l’âme.

Mère Rita, Règle de Vie 1946

 

C’est dans le silence que s’entendent les paroles de la Sagesse (cf Qo 9,17). Pour mieux accueillir le Verbe silencieux, nous nous taisons. L’objet de la prière étant de converser avec UN AUTRE, d’entendre sa Parole – sa réponse aux désirs secrets de notre âme – de communier à sa Pensée pour être identifiées à lui, les Recluses préconiseront un amour particulier du silence.

Mère Jeanne Le Ber, Règle de Vie 1976, art.15.4

 

LE SILENCE CHEZ JEANNE LE BER

 

Dès son adolescence, Jeanne développe un attrait profond vers le silence. L’épisode de la pièce de théâtre de Noël, lors de ses études chez les Ursulines, où Jeanne choisit le rôle de l’Enfant Jésus en est une illustration éloquente. Lorsqu’on lui demande la raison de son choix, elle répond :

 

C’est que le petit Jésus ne dit mot et ne se remue point,
et que je voudrais l’imiter en toutes choses.[1]

 

Son choix de réclusion, quelques années plus tard, concrétisera son désir d’imiter le Christ. Le silence de Jeanne n’est cependant pas du mutisme. Il reflète plutôt son adoration, sa contemplation, son émerveillement devant un Dieu qui se fait infiniment proche par son Incarnation. Le bruit, quelle qu’en soit la forme, devient une distraction, un éloignement de ce mystère divin. Jeanne, éprise par ce mystère, désire y demeurer présente, comme les anges.

Demandons à Jeanne de nous dévoiler le sens profond du silence et de nous aider à y demeurer!

 

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[1] Citation de Mère Saint-Thomas reprise par Françoise DEROY-PINEAU, Jeanne Le Ber – La recluse au cœur du combat, Montréal, Bellarmin, 2000, p.57

 

En janvier : La Parole de Dieu nous façonne

 

One Response

  1. Chantale Perron

    Cet article est une véritable lumière intérieure en cette journée de grisaille extérieure.
    Certaines personnes seraient portés a croire que les moniales/moines, se sauvent de quelque chose de leur vie mais, c’est tout le contraire; ils(elles) courent VERS quelque chose de merveilleux, et vont de l’avant sans peur.

    Cela est tout le contraire de la fuite.
    On dit oui, perpétuellement a la vie que l’on a choisi, qui nous appelle.
    Merci d’avoir partager ces mots avec nous.

    Chantale Perron

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