Être béni

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Réflexions sur le livre d’Henri Nouwen

« Lettre à un ami sur la vie spirituelle »

 

Le partiarche Bartholomée bénit le pape François lors de son voyage en Turquie du 28 au 30 novembre 2014.
Le partiarche Bartholomée bénit le pape François
lors de son voyage en Turquie du 28 au 30 novembre 2014.

Deuxième mot clé: Être béni

Bénir! Littéralement, le mot « bénédiction » signifie: parler (dictio) bien (bene), dire du bien de quelqu’un. Une bénédiction rejoint la bonté originelle de l’autre et reconnaît son état de bien-aimé. Offrir une bénédiction à quelqu’un est la plus grande reconnaissance que nous puissions lui manifester, nous dit Henri Nouwen dans sa Lettre à un ami sur la vie spirituelle. Quand on vit un blocage dans une relation à cause de ce qui nous agace, nous ennuie, nous heurte, il est bienfaisant de prendre le temps de s’arrêter pour découvrir le beau, le bien, le bon dans cette personne. Ne jamais perdre de vie qu’elle est, comme moi, bénie de Dieu.

Tous et toutes nous sommes bénis de Dieu, nous vivons dans la grâce de Dieu. C’est là une vérité qui façonne notre vie au quotidien. Nouwen nous rappelle qu’on peut se laisser emporter par les petites vagues qui troublent la surface de notre existence et nous font croire que nous sommes plutôt « maudits ». Mais si nous continuons d’entendre la douce voix intérieure qui nous bénit, nous pouvons traverser la vie avec un sentiment de bien-être et de véritable appartenance. Ceci rappelle une parole d’Éloi Leclerc dans son livre Sagesse d’un pauvre où il dit:

Si nous savions adorer, rien ne pourrait véritablement nous troubler.

Nous traverserions le monde avec la tranquillité des grands fleuves.

Les bénédictions que nous nous donnons les uns les autres, explique Nouwen, sont des expressions de la bénédiction qui repose sur nous de toute éternité. Il ne suffit pas d’être choisi (premier mot clé). Nous avons également besoin d’une bénédiction continuelle nous permettant d’entendre, d’une manière toujours nouvelle, notre appartenance à un Dieu aimant qui ne nous laisse jamais seuls. Il nous est proposé de faire l’expérience de cette bénédiction, de la ressentir intérieurement par deux moyens suggérés par Henri Nouwen.

 

LA PRIÈRE

Le vrai travail de la prière consiste à faire silence et à écouter cette voix intérieure. Faire taire les nombreuses voix bruyantes et exigeantes en nous et autour de nous pour découvrir cette voix douce qui dit au plus intime de notre être: « Tu es mon enfant bien-aimé, je mets en toi toute ma joie. » Si nous osons embrasser notre solitude et apprivoiser notre silence, nous arriverons à entendre cette voix avec les oreilles du cœur.

En développant l’habitude de passer une demi-heure par jour à écouter la voix de l’Amour, il est possible de découvrir progressivement qu’il se passe quelque chose dont nous ne sommes même pas conscients. Le mouvement de l’Esprit de Dieu est très doux et caché. Il n’attire pas l’attention. Mais ce mouvement est aussi persistant, fort et profond. Il transforme radicalement notre cœur. La pratique régulière de la prière révèle que nous sommes bénis et nous donne le pouvoir de bénir les autres.

LA PRÉSENCE

La deuxième suggestion de Nouwen pour prendre possession de la certitude d’être béni est de développer une culture de la présence, c’est-à-dire développer une attention aux bénédictions vécues jour après jour. Reconnaître le beau, le bien et le bon en nous et être dans l’action de grâce. Ces « bénédictions » sont de doux rappels de la belle voix, forte mais cachée, de Celui qui nous appelle par notre nom et dit de belles choses à notre sujet, nous dit Nouwen.

La prière d’intercession est aussi une bénédiction. Enzo Bianchi dans son livre Les mots de la vie intérieure écrit: L’intercession ne nous entraîne pas à rappeler à Dieu les besoins des hommes, car lui « sait de quoi nous avons besoin », mais elle nous entraîne à nous ouvrir au besoin de l’autre, en en faisant mémoire devant Dieu. Intercéder pour quelqu’un c’est donc lui vouloir du bien, c’est demander à Dieu de le bénir.

 

Tous aspirent à une bénédiction.

Elle ne peut être donnée que lorsque je l’ai moi-même entendu au plus profond de mon être.

Puissions-nous nous exercer à accueillir toute bénédiction venant de Dieu

et à bénir les autres.