Être pris

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Réflexions sur le livre d’Henri Nouwen

« Lettre à un ami sur la vie spirituelle »

Premier mot clé: ÊTRE PRIS

Être pris ou être choisi est à la base de notre état de bien-aimé. C’est tout ce dont nous parle Henri Nouwen dans son livre Lettre à un ami sur la vie spirituelle. Je crois profondément, dit-il, que pour vivre une vie spirituelle, nous devons affirmer que nous sommes « pris » ou « choisis ».

bapteme_de_jesusAu Baptême de Jésus, l’Écriture nous rappelle la voix du Père: Celui-ci est mon fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir (Mt 3,17). Jésus a été choisi par le Père pour remplir la mission qui lui a été confiée. Nous aussi, chacun et chacune pour notre part, avons été pris, choisi par Dieu. Et le fait d’être choisi, et de le savoir, nourrit en nous une attitude de reconnaissance et d’action de grâce. Cette conscience nous donne un cœur eucharistique, un cœur tout en : Merci! Avez-vous déjà remarqué que le cœur a la forme d’un M?

La grande bataille spirituelle commence par la reconnaissance du fait d’être choisi. Et Nouwen donne trois points de repère pour nous aider à demeurer en contact avec cette vérité fondamentale.

1. Croire que je suis choisi(e) par Dieu. J’ai du prix à ses yeux, il m’appelle de toute éternité son/sa bien-aimé(e) et il me garde dans son étreinte éternelle.

2. Oser opter consciemment pour mon identité d’être choisi(e). Cette option dont parle Nouwen à consentir à être choisi(e) sous-tend une disponibilité à se laisser prendre jusqu’à s’offrir avec le Pain eucharistique.

3. Célébrer le fait d’être chois(e). Cela signifie remercier Dieu de m’avoir choisi(e), et remercier tous ceux et celles qui me le rappellent. La reconnaissance est le moyen le plus efficace d’avoir une conscience toujours plus profonde de n’être pas un « accident », mais bien un choix de Dieu. Il est important de réaliser que, souvent, je passe à côté d’occasions d’être reconnaissant(e) sans en profiter.

Nouwen nous dit encore que « derrière tout motif de reconnaissance se cache aussi un motif d’amertume. Nous voilà placés devant une liberté de choix. Nous pouvons décider d’être reconnaissant ou amer. » C’est l’exemple du verre à moitié plein ou à moitié vide. La psychologie dit que l’interprétation de tout ce qui arrive ne dépend que de nous…

Être choisi(e) renferme une grande joie: la découverte que les autres le sont aussi! Dans la maison de Dieu, il y a une place pour chacun et chacune, une place bien particulière. Lorsque nous croyons vraiment que nous avons du prix aux yeux de Dieu, écrit Nouwen, nous sommes capables de reconnaître que les autres aussi ont du prix à ses yeux et qu’ils occupent une place dans son cœur. L’amitié profonde est la reconnaissance mutuelle de l’état de choisi de l’autre.