sculpture Jeanne Le Ber

 

La « pierre d’aimant » de Jeanne Le Ber

 

Jeanne Le Ber appelait le Christ eucharistique sa « pierre d’aimant », comme on peut le constater par l’écrit reproduit ci-dessous. Dans ces deux mots très imagés, la recluse dit tout ce qu’était pour elle la présence du Christ au Saint-Sacrement, dont seul un mur de sa cellule la séparait.

 

Pour nous aussi, pour tout le peuple de Dieu, la présence du Ressuscité dans l’Eucharistie nous attire comme un aimant. Nous sommes faits pour toi, Seigneur, écrivait saint Augustin, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi.

 

 

 

Extrait de la biographe de Jeanne Le Ber
 
rédigée en 1722 par M. Vachon de Belmont, p.s.s.

 

Deux Anglais ayant témoigné à Monseigneur de Vallier le désir de voir la recluse Jeanne Le Ber dans sa solitude, il voulut bien lui-même les y conduire. Ils furent extraordinairement surpris de la voir dans un si petit appartement. L’un deux, qui était ministre, lui demanda pourquoi elle se gênait tant puisqu’elle aurait pu vivre dans le monde avec toutes ses aises et commodités (car il connaissait sa famille). Elle lui répondit que c’était une pierre d’aimant qui l’avait ainsi séparée de toutes choses. Elle ouvrit sa fenêtre par où elle recevait la sainte communion et, se prosternant en regardant l’autel: Voilà, lui dit-elle, ma pierre d’aimant. C’est Notre-Seigneur qui est véritablement et réellement dans le très Saint-Sacrement. Elle lui parla de cet auguste mystère avec tant de zèle et de ferveur qu’il en fut surpris. Et l’on a su, qu’étant retourné dans son pays, il en parlait souvent comme d’une chose qui lui avait fait une grande impression, n’ayant, disait-il, rien vu dans le pays de plus extraordinaire.
 
 

 

 Jeanne a brûlé comme une lampe ardente devant le tabernacle pendant vingt ans.
Éloge funèbre, 5 octobre 1714, M. François Vachon de Belmont.
 

 

Tu n’as pas à te répandre mais à t’approfondir; tu n’as pas 
a t’épuiser mais à être comblée.
Aelred de Rievaulx à sa sœur recluse, XIIe s.

 

 
Les recluses hospitalisaient dans leur coeur les peines et les joies du monde entier.
Lucie Félix-Faure Goyau