Témoins de l’Eucharistie : Hermann Cohen

Le Père Augustin-Marie du Très Saint-Sacrement, o.c.d.

Apôtre de l’Eucharistie

Dans son enfance, le jeune Hermann ressent un vif attrait dans sa foi juive pour la prière et pour les cérémonies de la synagogue. Mais ces dispositions vont s’évanouir rapidement. Et pourtant, même dans ses années d’errance et de désordres moraux, à son insu, en fils d’Israël, il porte en lui le tourment de Dieu, écrira Dom Jean-Marie Beaurin, o.s.b., son biographe et arrière-petit-neveu.


En 1847 se situe ce qu’Hermann appellera le plus grand événement de ma vie. Devenu un musicien accompli, on lui demande, un soir, de diriger la chorale lors de la célébration du mois de Marie. Au moment de la bénédiction du Saint-Sacrement, il ressent un trouble indéfinissable. Les jours suivants il revient souvent à l’église pour l’Eucharistie et l’adoration du Saint-Sacrement. Il y éprouve une joie intérieure de plus en plus profonde. Peu après il se rend à Ems, en Allemagne, pour y donner un concert. En assistant à l’Eucharistie, il vit une expérience très forte de conversion: en sortant de l’église, j’étais déjà chrétien.


Hermann comprend bientôt qu’il doit la grâce de conversion eucharistique à celle que son ami Julien Eymard invoque sous le nom de « Notre-Dame du Très Saint-Sacrement ». Marie m’a conduit à Jésus, Marie m’a donné l’Eucharistie, et l’Eucharistie a ravi mon cœur, dira-t-il.

Il entre en contact avec les deux frères Ratisbonne, comme lui Juifs convertis au catholicisme et devenus prêtres. Il demande à recevoir le baptême le jour de la fête de saint Augustin, qu’il choisit comme patron. Dès sa conversion, et avant même d’avoir reçu le baptême, Hermann éprouve le désir de se consacrer totalement à Dieu. Le Christ présent dans l’Eucharistie l’attire toujours davantage à lui: Je suis un enfant du Très Saint-Sacrement, un être qui a été régénéré et tiré de l’abîme par cet admirable mystère, et qui ne respire et ne veut respirer que pour Jésus-Hostie.

Encore jeune néophyte, il fonde une œuvre qui lui tiendra beaucoup à cœur, l’adoration nocturne masculine, la branche féminine existe déjà. Ceci donnera naissance trente ans plus tard à l’œuvre de l’adoration sur la colline de Montmartre et connaîtra un rayonnement universel.

NOTRE-DAME DU TRÈS SAINT SACREMENT

Titre donné à Marie par saint Pierre-Julien Eymard : Neuvaine 4 au 12 mai


Apôtre passionné de l’Eucharistie, il vit avec une égale intensité les vocations contemplative et apostolique carmélitaine, contribuant à restaurer le Carmel en France. À la demande de Pie IX, en Angleterre, Hermann Cohen devenu le père Augustin-Marie, instaure aussi l’adoration nocturne.

Lorsqu’en 1870 éclate la guerre franco-prussienne, Hermann est chassé de France, sa seconde patrie étant d’origine allemande. On lui propose de devenir l’aumônier des prisonniers français détenus à Spandau, près de Berlin. Serviteur de ses frères à la suite de Jésus, il s’y dépense héroïquement. À l’occasion d’une épidémie de variole, il contracte la maladie. Le 20 janvier, il rend son âme à Dieu pendant le chant du Salve Regina. La veille il avait reçu l’Eucharistie une dernière fois.


  • Hermann naît le 10 novembre 1821 dans une famille juive aisée de Hambourg, en Allemagne.
  • Le jeune Hermann étudie le piano dès l’âge de 4 ans et donne ses premiers concerts à l’âge de 7 ans. Enfant prodige, à 12 ans il part suivre une formation musicale à Paris auprès de Franz Liszt.
  • De 1842 à 1846, il fait une tournée de concerts à travers l’Europe.
  • De retour à Paris, Hermann vit une expérience spirituelle douce et puissante en mai 1847, lorsqu’il joue de l’orgue pour un service de bénédiction du Saint-Sacrement.
  • Avec pour marraine la duchesse de Rauzan, Hermann reçoit le baptême le 28 août 1847, sous le nom de Marie-Augustin-Henri.
  • Hermann est attiré par la vie monastique, mais le fait d’être un converti récent présente un obstacle à son admission dans les ordres. Il doit faire une visite personnelle à Rome pour obtenir une dispense papale, ce qu’il obtient.
  • Le 19 juillet 1848, il entre au noviciat des Carmes Déchaux au Broussey. Il reçoit l’habit religieux le 6 octobre 1849, sous le nom d’« Augustin-Marie du Très Saint-Sacrement ». Il est ordonné prêtre le 19 avril 1851.
  • Une fois ordonné, le père Augustin-Marie se lance dans un ministère de prédication dans toutes les capitales de l’Europe. Son humilité, son éloquence et l’intérêt suscité par sa conversion font de lui un prédicateur populaire. Il devient une figure principale dans la restauration des Carmes en France.
  • En novembre 1870, le père Augustin-Marie devient aumônier de la prison de Spandau près de Berlin. Il travaille sans relâche pour atténuer les souffrances des prisonniers, distribuer des fournitures de secours en plus des services spirituels qu’il procure. Il dit la messe chaque jour, devant plus de cinq cents participants, et confesse fréquemment les soldats. Il commet cependant une imprudence en délivrant les derniers sacrements à deux prisonniers (malades de la variole) de ses propres mains, au lieu d’utiliser la spatule prescrite. Deux mois plus tard, il présente les symptômes de la variole. Il meurt le 20 janvier 1871.

Pour le connaître davantage : Wikipédia

Sa Cause de Béatification

Carmel en France


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