La spiritualité de l’École française


Contexte historico – religieux

L’École française débute avec Pierre de Bérulle, au XVIIe siècle, siècle que Daniel-Rops nommera à juste titre le grand siècle des âmes tant ce courant spirituel aura d’impact sur l’Église de France et d’ailleurs (au Canada en particulier). Au siècle précédent, alors qu’en Italie on était en pleine Renaissance de l’art, en Rhénanie et aux Pays-Bas on voyait fleurir les mystiques de l’École allemande et en Espagne la spiritualité carmélitaine réformée avec Thérèse d’Avila et Jean de la Croix.


Le Concile de Trente (1545-1563) avait tenté de redresser la situation lamentable du clergé et du Vatican. En France, il faudra laisser passer quarante années avant que ne soient acceptés les décrets conciliaires par l’Assemblée du Clergé. Le gallicanisme (doctrine qui prônait la liberté de l’Église de France face au Saint-Siège) et le protestantisme avaient beaucoup affaibli l’Église de France.


Réunion du concile de Trente à l’Église Santa Maria Maggiore de Trente. Musée diocésain de Trente.


À Paris, en ce début du XVIIe siècle, dans le salon de Madame Acarie, carrefour des grands spirituels, on discutait de tout cela et on y priait. Bérulle, cousin de Mme Barbe Acarie, y côtoyait François de Sales avec son humanisme dévot, le capucin anglais Benoît de Canfeld et Dom Beaucousin.


D’autre part, en Italie Philippe de Néri avait fondé plusieurs oratoires où quelques prêtres se rassemblaient régulièrement pour échanger et prier. De là naquit chez Pierre de Bérulle son désir d’une spiritualité rénovée et se dessina son projet de fonder des oratoires en France, et une société de prêtres qu’on appellera Oratoriens.

Charles de Condren, Jean-Jacques Olier, Jean Eudes et plusieurs autres que nous verrons en détail, devaient tous adopter la spiritualité bérullienne et contribuer à en faire une grande école de vie intérieure.


Caractéristiques de l’École française de spiritualité

Nous avons mentionné Pierre de Bérulle comme étant le fondateur de la Spiritualité de l’École française. Les caractéristiques de la spiritualité bérullienne peuvent se ramener à quatre grands thèmes :

  • l’esprit d’adoration et d’offrande;
  • la communion au Verbe incarné dans ses mystères;
  • la vénération de Marie, Mère de Dieu;
  • l’esprit missionnaire, particulièrement chez les prêtres.

Pour mieux expliciter cette brève description, nous présenterons les quatre grands maîtres de l’École française : Bérulle, Condren, Olier et Jean Eudes. Bérulle est reconnu comme étant le théologien; Condren, le mystique; Olier, le vulgarisateur du bérullisme et Jean Eudes, l’écrivain.



Prochain article : Les Maîtres – Pierre de Bérulle


3 Responses

  1. Huguette Lévesque CND

    Grand merci pour ce partage de cette si profonde spiritualité.
    Elle rejoint la nôtre qui s’en inspire avec Marguerite Bourgeoys
    qui l’a vécue à Troyes en France avant d’arriver à Ville-Marie.
    Heureuse continuité dans cette vie de disciple-missionnaire!

  2. Rachel

    En lisant ce document, je me suis souvenue des belles et grandes rencontres organisées ayant but de faire connaître l’École française de spiritualité. Ce fut une grande richesse spirituelle qui présentait l’origine de la dévotion du Père de Montfort et de tant d’autres. Ce fut aussi un moyen puissant d’approfondir notre spiritualité. Merci aux Recluses qui nous envoient ces beaux textes.

  3. Gérard Laverdure

    Wow! Cela me rejoint pleinement dans ce que l’Esprit suscite en moi. J’ai déjà participé il y a plusieurs années a 3 jours de rencontre avec plusieurs recluses et associés sur cette spiritualité.
    Quelle belle initiative que ces envois.
    Je vais partager autour.
    Que son FEU se repande sur toute la terre.
    Merci.
    Gérard

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