En ce Dimanche de Pâques, nous souhaitons partager la réflexion inspirante de Marie-Yolène Bossou, membre du groupe des Adoratrices et Adorateurs Missionnaires de la Famille Reclusienne. Sa présentation à la rencontre de mars portait sur le thème de l’année. Merci Marie-Yolène d’accepter de la partager à un auditoire plus large!
Je me suis inspirée de quelques-unes des lectures du Père Keating et de Thomas Merton pour m’aider à identifier certaines de mes vraies sources principales de motivations « À laisser Jésus vivre en moi. » Comme l’affirme Thomas Merton : je dois « devenir » ce que je suis déjà. Je suis appelée à faire grandir la conscience de la présence du Christ en moi, afin de pouvoir cultiver le goût de la consommer dans mes gestes et actions. De développer aussi le bon réflexe de toujours me tourner vers celui que je laisse vivre en moi, et qu’il devienne ma boussole, à travers son Esprit Trinitaire qui m’habite, ayant pour seul objectif : « le décentrement de soi ». C’est-à-dire un centrement qui devrait se faire autour de celui « que je laisse habiter en moi » comme disait le pape François.
La « première condition de la joie « chrétienne » est de se « décentrer » de soi-même, « même dans les temps difficiles. » Il ne s’agit pas d’une aliénation, car Jésus est en effet le centre, il est la « lumière » qui donne tout son sens à la vie, de chaque homme et femme qui vient au monde. Et pour ma part, c’est lui aussi qui va me rendre capable d’aller plus loin dans ces actions transformatrices en moi, en tenant compte de mon niveau d’engagement, ma persévérance, ma fidélité, ma loyauté, envers cette présence continuelle et réelle.
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est accepter, de le laisser accomplir en moi, ce que lui-même espère de ses disciples. C’est-à-dire apprendre à aimer comme lui m’a aimé. Que je sois ce tabernacle vivant de Dieu, dans mon milieu de vie.
C’est aussi être capable de remettre en question mes systèmes de valeurs personnelles et adoptés, pour ceux proposés par Jésus qui sont plus élevés, et qui ne comportent pas seulement le service à ma famille immédiate, mais un système de valeur à saveur évangélique. Pour moi, c’est une façon de faire rayonner « l’Eucharistie » qui est Jésus Christ Ressuscité Lui-même vivant en moi.
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est choisir de devenir Sarment qui doit s’attacher à la Vigne pour se laisser transformer. Que le sarment non seulement puisse apporter des fruits, mais aussi, c’est uniquement dans cette expérience de l’union à Dieu vivant en moi, que je peux trouver le bonheur (expression inspirée du Père Keating). Cette Présence réelle en moi ne se limite pas à une simple croyance, mais surtout à la reconnaître comme étant une personne mystérieuse, réelle, avec qui je peux cultiver et entretenir une vraie relation, en lui consacrant du temps à l’écouter, à recevoir d’elle et à méditer sa parole, à la contempler, à développer cette dépendance en elle, car n’oublie jamais : « Hors de lui je ne peux rien faire » (Jean 15, 5).
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est accepter de le porter, en lui donnant chair à travers mes défis quotidiens, en étant de plus en plus consciente à sa présence permanente, réelle en moi, au-delà de moi, à travers moi. Pour ma part, c’est le chemin qu’a emprunté Marie en disant « oui » à l’annonciation. C’est-à-dire elle a choisi de croire et de s’abandonner en toute confiance à celui qui l’habite. C’est désirer développer une intimité avec Lui, intimité qui me fait dire j’existe, comme enfant de Dieu.
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est choisir de m’exposer à sa miséricorde et de développer cette miséricorde vis-à-vis de moi et vis-à-vis de l’autre. Dans Mathieu 9,13 Jésus dit : c’est la miséricorde que je veux. D’après la définition de l’IA, l’amour et la miséricorde sont deux mots intimement liés. Choisir de « laisser Jésus vivre en moi » c’est choisir de marcher sur ses traces et faire des choses concrètement en sa mémoire. Toujours d’après l’IA, la « miséricorde » souvent décrite comme l’autre nom de « l’amour », est un état général d’attachement et de désir du bien-être de l’autre. Tandis que « la miséricorde est l’amour en action » cela me rappelle le vrai visage de Dieu le Père, que le Christ m’a révélé en paroles et en actes en se faisant proche de l’être humain, à travers les œuvres de miséricorde.
Ses œuvres de miséricorde me rappellent que ma foi se traduit par des actes concrets et quotidiens. Aimer l’autre non seulement en paroles, mais en actes concrets quotidiens, destinés à aider l’autre dans toutes les dimensions de la vie : matérielle, physique, spirituelle etc… « Je suis venu pour que les gens aient la vie en abondance » (Jean 10,10). Ces œuvres de miséricorde me montrent à quel point le Père baigne dans chaque situation humaine et c’est à cela qu’il me réfère quand il dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22,19).
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est choisir de faire acte d’abandon, à son Esprit Trinitaire qui m’habite et reconnaître ma grande vulnérabilité en choisissant de lui laisser plus de place, afin qu’il puisse me diriger vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est apprendre à ajuster mon agenda en fonction de lui, et ne pas faire les choses par moi-même, mais le laisser me précéder. C’est aussi m’engager à lui offrir les prémices de ma journée et développer cette capacité d’utiliser toute chose comme étant un tremplin pour me tourner vers lui, en développant progressivement une intimité qui dépasse toute intimité humaine, par la connaissance de sa parole. C’est faire de lui mon point d’ancrage, car lui seul pourrait s’assurer de ma stabilité à tous les niveaux, puisque tout le reste est changeant et incertain.
LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI :
c’est apprendre à me faire petite devant Dieu. Le pape François nous dit : « N’ayons pas peur de nous faire petits devant Dieu, car la petitesse constitue le cœur de la « foi chrétienne ». « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Isaïe 9, 5). La proximité de Dieu passe par un enfant. Dieu se fait enfant, et pas seulement pour nous étonner et nous émouvoir, mais aussi pour nous ouvrir à l’amour du Père, et nous laisser modeler par Lui. »
Nous faire petits devant Dieu et les uns devant les autres, ce sont précisément les attitudes qui nous ouvrent à l’action du Seigneur. En nous faisant enfants, nous permettons l’action de Dieu en nous. « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Marc 10, 15). Un enfant, c’est si peu de chose, il est dépendant des autres pour tout, il a besoin qu’on prenne soin de lui. L’enfant est signe d’abandon, de confiance, d’émerveillement, de spontanéité, de simplicité : conditions nécessaires pour entrer dans le Royaume et que les adultes ont bien souvent perdues. Ce sont ceux qui ressemblent aux petits qui en sont bénéficiaires.
CONCLUSION
Pour conclure, je dirai que, LAISSER JÉSUS VIVRE EN MOI : c’est prendre conscience de plus en plus d’accueillir la grâce de sa Présence, de cette intimité que je désire vivre avec lui. Prenons l’habitude de dire le plus souvent possible dans la journée : « Seigneur Jésus, je fais cela (le nommer) en ton nom et pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31). C’est biblique et en plus c’est une façon simple de se recentrer sur Jésus vivant en nous. L’apôtre Paul nous le dit aussi en Colossiens 3, 17 : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoique vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. »



Pauline landry
Merci
Claudette Léger-Gauthier
Merci de nous aider à vivre imprégnés de la présence de Jésus vivant!
Joyeuses Pâques !
Denise
Merci Joyeuses Pâques à Vous
Vous me manquez
Dieu Vous Bénisse
En Union de Prières 💗