Les Maîtres – Charles de Condren


Charles de Condren, maître de l'école française

1588 – 1641

2e supérieur de l’Oratoire


Peinture de Claude Mellan

(1598-1688)

SA VIE


Charles de Condren naquit près de Soissons, à Vauxbuin, dans une famille de petite noblesse. Son père était un protestant converti. Après ses études au Collège d’Harcourt, il obtient de son père de se faire homme d’Église, renonçant ainsi à une carrière militaire. Après des études théologiques à la Sorbonne et l’enseignement pendant un an de la philosophie, il fut ordonné prêtre en 1614. Il renonça en même temps à son droit d’aînesse et aux biens familiaux.

Condren entra à l’Oratoire en 1617 à l’âge de 29 ans. Pierre de Bérulle le prendra comme confesseur en 1625.  Il travaillera avec Gaston de Renty à développer la Compagnie du St-Sacrement et jouera un grand rôle dans la conversion de nombreux protestants. Bérulle l’enverra fonder des maisons oratoriennes de 1618 à 1621. En 1624, il fondera et dirigera le séminaire de St-Magloire.

Charles de Condren accepta à contrecœur la succession de Bérulle comme supérieur général en 1629. Malgré ses nombreuses protestations d’humilité, il servit l’Oratoire de toutes ses forces. Il en précisa l’esprit et l’organisation. Il eut le souci des missions et entretint une correspondance abondante. Condren mourut le 7 janvier 1641. Ses restes reposent dans la chapelle du Collège de Juilly, dont il est le fondateur, au côté de Pierre de Bérulle.



Jean-Jacques Olier et Saint-Sulpice reconnaissent dans le Père de Condren l’instigateur et le père des Séminaires. Grand maître spirituel et authentique initiateur mystique, il exerça à son époque une forte influence dans l’Église de France, principalement par ses conférences spirituelles et auprès de ses très nombreux dirigés. Beaucoup de témoignages de ses contemporains exaltent ses qualités humaines, sa pénétration théologique et la qualité de sa direction spirituelle. De mémoire étonnante, d’une culture universelle, on l’a présenté comme le plus bel esprit d’homme que Dieu eut créé après saint Augustin.



SA SPIRITUALITÉ


Théocentrisme

Le théocentrisme de Bérulle se retrouve chez Condren, mais l’adoration s’exprime pour lui par le sacrifice, l’immolation, l’état d’hostie. Il parle souvent d’anéantissement. Il propose le sacrifice total d’adoration, la consommation.


Christocentrisme

Le christocentrisme mystique bérullien insiste avec Condren sur l’état d’hostie. Rien n’est digne de Dieu que l’unique sacrifice de Jésus. Plus que Bérulle, Condren parle souvent de la Messe. Jésus y trouve le moyen de continuer dans tous les siècles le même sacrifice et de multiplier chaque jour son offrande sur les autels. Pour lui, la créature, dépendante de façon absolue de la grandeur de Dieu, ne trouve son véritable sens qu’en s’offrant tout entière en sacrifice d’amour et de louange, en hostie vivante.


La petite prière de Condren


Venez, Seigneur Jésus,

et vivez en votre serviteur,

dans la plénitude de votre vertu,

dans la perfection de vos voies,

et dans la sainteté de votre Esprit,

et dominez sur toute puissance ennemie

dans la vertu de votre Esprit

à la gloire de votre Père.

Cette prière sera reprise et adaptée par Jean-Jacques Olier.



Prochain article : Les Maîtres – Jean-Jacques Olier


3 Responses

  1. lucille campbell

    Merci mes très chêres amies recluses de nous accueillir dans ce lieu imprègné de vos priêres et oû l’on sent la présence de Dieu en dedans et dans toutes les aires du monastère.

    J’ai hâte d’aller m’y baigner de nouveau.

    Lucille