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Sagesse des
Pères du
désert
L'obéissance
répond à l'obéissance. Quand quelqu'un
obéit à Dieu, Dieu aussi lui obéit.
Abba Mios
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Août 2008
TRANSFIGURÉE
au coeur de l'obéissance
Confidences d'une apprentie de
l'obéissance.
Dans la longue épreuve de sa
maladie, l'auteure a fait l'apprentissage
de l'obéissance à son corps,
«frère âne»,
à qui elle doit de pouvoir
être au monde dans la joie et la communion.
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Dans
l'éternel verger du Père
j'ai
été métamorphosée,
jusqu'à
être transfigurée par la Résurrection.
Dans
l'adhésion de mon être profond à son vouloir
sacré
j'ai
été touchée au coeur par l'amour.
Au
coeur de cet amour je me suis laissée bercer,
transporter
dans un au-delà indescriptible.
Ma
blessure d'amour a coûté le prix
de
la vie de mon Dieu.
J'ai
pris au sérieux ce don de Dieu.
J'ai
pris en moi le coeur en sang de Jésus.
J'ai
accueilli l'eau jaillissante de l'Esprit.
Et
aujourd'hui comme à chaque jour,
je
baigne à plein corps
et
à pleine âme dans cette mer de feu.
L'eau
est venue redonner fraîcheur à ma blessure.
La
terre m'a reçue et portée comme une mère.
Le
vent m'a tendressée de toutes parts.
Le
feu de la douleur s'est apaisé
pour
faire place au feu de la danse,
de
la fête et de l'amour.
Au
coeur de l'obéissance amoureuse aux événements,
au
coeur de l'adhésion de ma volonté aux vouloirs de Dieu,
au
coeur de la communion aux frères et soeurs,
reçus
en cadeau de cet immense amour qu'est Dieu,
au
coeur des fréquentations intenses avec toute la création,
j'ai
goûté Dieu,
j'ai
aspiré son souffle
et
j'ai marché dans les pas de son Fils.
Monique J.
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EUCHARISTIE DE RUE
Métro
Berri-UQAM, rue Ste-Catherine. Assis sur un banc je vois passer deux
«punk», un gars et une fille, à vélo.
Après avoir contourné plusieurs arbres, ils
s'arrêtent tout près. Qu'est-ce qu'ils peuvent bien
transporter dans la boîte de leur triporteur?
D'autres arrivent, se saluent, s'embrassent et se donnent des
nouvelles. Ils s'approchent du triporteur et se partagent des plats
pour le souper: couscous, légumes, salade, etc. Assis par terre,
ils mangent joyeux. Puis arrive un couple «pas de la gang»
car habillés autrement et un peu hésitants. Ils
s'informent s'ils peuvent manger. Pas de problème, ils sont
accueillis chaleureusement et s'assoient avec les autres.
Les images dansent dans ma tête: les disciples d'Emmaüs, le
dernier repas de Jésus. Un «repas eucharistique» en
pleine rue Ste-Catherine! Dire qu'on entend souvent que ces
«fuckés» ne servent à rien... Le Pain de vie
caché dans une fraternité «punk».
Gérard
L.
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Juillet 2008
Eucharistie,
source et aboutissement
Il
y a un mot qui envoie en mission les patriarches, les prophètes
et les apôtres dans la Bible. Ce mot se retrouve dans tous les
récits de vocation dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Il se
retrouve dans chacune de nos célébrations eucharistiques.
Ce mot qui lance toute la mission, c'est: «Allez!»
Après avoir fait la rencontre du Seigneur, après lui
avoir confié nos faiblesses, après l'avoir entendu
parler, après lui avoir parlé, après avoir
partagé le pain et le vin, voilà qu'il nous envoie
auprès de nos frères et soeurs pour partager ce que nous
venons de vivre. C'est ce qu'ont vécu les disciples
d'Emmaüs. Après avoir reconnu Jésus, ils sont
retournés à Jérusalem, ont fait deux heures de
marche en pleine nuit pour aller partager avec
les autres disciples la
Bonne Nouvelle de Jésus vivant.
Tout engagement a sa source dans la rencontre avec Jésus Christ.
C'est lui qui nous envoie vers les autres qui sont ses frères.
C'est lui qui nous a dit: «Tout
ce que j'ai fait, vous pourrez le faire et vous en ferez même
davantage... Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la
lumière du monde... Allez, de toutes les nations faites des
disciples, apprenez-leur tout ce que je vous ai appris...»
La Parole de Dieu que nous entendons à chaque Eucharistie est
une Parole à laquelle nous devons donner vie, que nous devons
incarner, car nous sommes ensemble le Corps du Christ.
Le Pain et le Vin que nous partageons sont une nourriture qui nous
soutient sur la route, qui nous transforme au point où nous
pouvons dire avec saint Paul: «Ce
n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi.»
L'Eucharistie, c'est la réalisation de la promesse de
Jésus qui disait au moment de quitter ses disciples: «Je suis avec vous tous les jours
jusqu'à la fin des temps.»
Un simple mot placé à la fin nous envoie en mission: «Allez dans la Paix du Christ.»
Jésus a souhaité cette même paix au soir du Jeudi
Saint, au moment où il confiait ses dernières
volontés aux apôtres. Il voulait qu'ils aient en eux la
paix qu'il avait en lui-même, cette paix qui nous emplit le coeur
lorsque nous sommes en communion avec le Père, lorsque nous
faisons sa volonté, lorsque nous faisons du bien à
quelqu'un, lorsque nous vivons des moments d'amour. Habités de
cette paix, nous partons. Ayant vécu un moment de communion avec
le Seigneur, nous avons le désir de vivre sa volonté.
Nous venons de rencontrer des frères et des soeurs dans la foi.
Nous partons le coeur rempli d'une présence à porter aux
personnes que nous rencontrerons sur notre route, dans notre quotidien,
dans nos engagements. Nous partons, mais nous reviendrons et
l'Eucharistie deviendra alors l'aboutissement de tout ce que nous
aurons vécu.
Nous reviendrons et, encore une fois, Jésus viendra à
notre rencontre et nous demandera: «De
quoi
discutiez-vous en chemin?» et nous lui dirons nos joies et
nos peines, nos réussites et nos déceptions. Il y aura
des questionnements, des doutes, «et
nous qui espérions...»
Nous aurons besoin de demander au Seigneur de nous redonner des forces,
car sans lui nous ne pouvons rien faire. Nous allons présenter
nos fragilités au Seigneur en lui disant: «Seigneur, prends pitié!» Et lui
nous relèvera comme on remet debout un enfant qui apprend
à marcher et il nous redira: «Allez...»
Viendra ensuite la Parole qui nous redira ce qu'il a dit, ce qu'il a
fait; ce que nos ancêtres dans la foi ont vécu; comment
les apôtres ont compris son enseignement. Nous essaierons de voir
comment nous pouvons vivre aujourd'hui à partir de ces
mêmes Paroles. Peut-être trouverons-nous un
éclairage sur ce que nous voudrions réaliser ou une
confirmation de ce que nous avons déjà fait. Cette parole
sera comme une étape pour faire le point, mais aussi pour nous
relancer un peu plus loin, un peu plus haut.
La parole nous donne un aboutissement à atteindre.
Souvenons-nous combien de fois Jésus insistait sur le fait
qu'écouter sa Parole ne suffit pas, encore faut-il la mettre en
pratique. C'est ainsi qu'il nous reconnaîtra comme sa
mère, ses frères, ses soeurs.
Viendra ensuite le temps du repas partagé. Le pain et le vin que
nous apportons sont l'aboutissement d'un travail commun du Seigneur
avec nous. Il a fourni la matière première, blé
et raisins. Nous les avons transformés en pain et vin. Ne
peut-on pas y voir ce travail que nous avons fait depuis notre
dernière eucharistie? N'a-t-on pas essayé de prendre sa
Parole et de l'incarner dans notre vie quotidienne?
C'est ce que nous offrons à travers le pain et le vin: nos
efforts, les petits pas, les sourires, les petits gestes, les silences,
les moments de prière, les réussites, si minces
soient-elles.
Le Seigneur reçoit ce que nous lui apportons et s'y
reconnaît. «Ceci est mon
corps... Ceci est mon sang.»
Peut-on espérer plus grand aboutissement de nos engagements que
cette consécration? Ce que nous avons fait devient
présence. Nous avons été le Corps et le Sang du
Christ à travers ce que nous avons fait avec lui à partir
de sa Parole. Ce que nous avons fait devient nourriture pour que nous
puissions continuer la mission qu'il nous confiera quand il nous redira
encore: «Allez!»
Robert
Allard, prêtre-curé.
Juin 2008
Congrès eucharistique
international
Du 15 au 22 juin se tiendra à
Québec le 49e Congrès eucharistique international. Voici
le témoignage d'une associée sur le sens et la valeur de
l'Eucharistie dans sa vie.
Lors d'une rencontre mensuelle des laïcs associés à
la famille reclusienne de Saint-Jérôme, j'ai
partagé ce qui a changé ma vie depuis que je me suis
laissée imprégner de l'Eucharistie, coeur de la vie et de
la mission des Recluses Missionnaires. J'ai hésité avant
de partager ce qui se vit au plus intime de moi, ma relation avec le
Seigneur étant quelque chose de secret entre lui et moi.
Je suis laïque associée à la famille reclusienne
depuis bientôt 14 ans. Grâce à un couple ami qui m'a
interpellée dans mon vécu de femme hyperactive en me
disant: «Viens et vois» (Jn 1,46), j'ai pris contact avec
la communauté des Recluses Missionnaires et tout
spécialement le groupe des laïcs associés.
En 1994, ma vie était centrée sur cette parole de
l'Évangile: «La parabole des talents» (Mt 25,
14-30). Faire valoir mes talents convenait à ma nature et
donnait sens à mon travail car je ne savais pas dire « non
».
Les enseignements reçus lors des rencontres mensuelles m'ont
permis de découvrir l'Eucharistie qui a pris de plus en plus de
place dans ma vie de tous les jours. Faire silence, adorer, descendre
au fond de moi pour y découvrir la présence de Dieu,
prier afin de confier au Seigneur toutes mes préoccupations
personnelles.
L'amour de l'Eucharistie m'a conduite à aller porter le Pain de
Vie dans des foyers de personnes âgées et à animer
la liturgie de la Parole.
Tous les mercredis sont pour moi des « jours de désert
». Ma journée est uniquement pour le Seigneur: pas de
radio, ni de télévision. Par contre, je
réponds au téléphone et j'accueille toute
personne qui frappe à ma porte parce que Jésus est
présent dans l'autre comme il est vivant dans l'Eucharistie et
dans sa Parole.
Pour m'aider à reconnaître le Seigneur dans mon
frère, ma soeur, je prie l'Esprit Saint tous les jours. Je
demande son aide lorsque j'ai une décision à prendre, un
doute, une démarche à faire. J'entre dans le silence et
je découvre la réponse au signe de la paix et la joie qui
renaissent au plus profond de mon être.
J'aime réciter la liturgie des heures, prier les psaumes. Peu
importe ce que nous vivons, il y a toujours un psaume qui peut nous
apporter du réconfort!
Tu peux te permettre de crier vers Dieu,
le Seigneur entend ceux qui l'appellent ( Ps 33 ).
Dans les moments de doute, Dieu est
fidèle chaque jour ( Ps 51 ).
Dans les situations qui te
dépassent, remets ton fardeau au Seigneur, il prendra soin de
toi ( Ps 54 ).
Il ne faut pas oublier les psaumes de
louange, d'action de grâce, ils sont un trésor. Parfois,
je prie avec les nombreux sites de prière sur internet.
Depuis quelques temps, j'ai pris l'habitude de bénir dans mon
coeur les personnes que je rencontre, que ce soit celles que je croise
en automobile ou la caissière à l'épicerie. C'est
une façon de confier toutes ces personnes à Dieu.
Ayant atteint les soixante-quinze ans, il me reste peu de temps pour
réaliser le seul but de notre raison d'être sur la terre
qui est d'apprendre à aimer... à aimer comme Lui. Je sais
que cet apprentissage n'est jamais terminé.
Marie-Monique
Prophète malgré lui
Tout le monde le
repère à l'entrée du Métro Radisson, son spot favori. Il est sans
âge, échevelé, souvent éméché
avec une petite valise, son lapin fétiche et sa vieille guitare.
Il quête. Or, ce matin-là,
à l'heure de pointe, pendant que tout le monde court en fou,
lui, il crie une phrase sans arrêt : J't'en prie, arrête-toi! J't'en
prie, arrête-toi! Il est comme en transe, les yeux
fermés. Je m'arrête un instant en me disant: Sait-il seulement la portée de ce
qu'il dit? Peut-être. J'avais vraiment l'intuition
que Dieu se servait de lui, comme d'un prophète en transe, pour
nous dire de nous arrêter. De nous arrêter en
nous-même, à l'écart. D'arrêter de nous
sauver de Lui dans l'agitation folle. La Sagesse cachée dans un
«clochard».
Gérard
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L'obole
de l'itinérant
Donner
au suivant ....
Puisqu'il
est son Père, pourquoi ne le sauve-t-il pas?
Hommage
à la Mère du Ressuscité
Devenir
Eucharistie
Dialogue
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